
0912 | Agents, créativité et données : la semaine des outils IA
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Au programme : les agents IA qui transforment le développement logiciel, la vie privée face aux chatbots, les nouveaux outils créatifs gratuits, et l'IA appliquée aux métiers réels — chantiers, publicité et bureautique.
Chronologie
- 00:00:04 Introduction
- 00:00:51 Agents de code : la nouvelle vague
- 00:05:27 Confidentialité : garder le contrôle
- 00:07:42 Portabilité et multi-fenêtrage
- 00:09:39 Créer dans le navigateur : design, mockups et lettrage
- 00:12:24 L'IA au service des métiers
- 00:16:44 Conclusion
Liens connexes
- Cline Desktop App
- Jackalope
- Devin Voice
- Loqua
- Raycast 2.0
- TIM PG
- chat-recall
- ChatHop
- LiveGrid
- Design Studio by Monday Merch
- Sliick
- GLYPH Immersive
- Moji
- sizeless
- Wisry
- Formesign
- Spaces
Cet épisode est produit par Bri. Bri utilise une technologie d'IA avancée pour transformer les flux qui vous intéressent en podcasts conçus pour l'écoute. Contactez-nous à hi@bri.so.
Transcript
Claire Martin: Bonjour à tous, bienvenue dans le podcast. Moi c'est Claire Martin.
Nicolas Moreau: Et moi, Nicolas Moreau. Cette semaine, on a épluché les dernières sorties d'outils, et un fil rouge ressort très clairement : les assistants IA changent de forme. Ils quittent la simple boîte de texte pour devenir des applications complètes, avec du contexte, des droits, des écrans, des workflows. Et forcément, plus on leur confie de choses, plus des questions de confidentialité et de contrôle se posent.
Claire Martin: C'est exactement l'angle qu'on a voulu prendre aujourd'hui. On va parler d'agents de code bien sûr, parce que c'est là que le mouvement est le plus visible, mais aussi de confidentialité, de portabilité des conversations, d'outils créatifs dans le navigateur, et d'applis IA pour des métiers bien concrets. Et on va essayer, pour chaque produit, de rester lucides : qui est concerné, qu'est-ce qui change vraiment, et qu'est-ce qu'on ne sait pas encore.
Nicolas Moreau: Parfait. Alors commençons par là où tout bouge le plus vite : les agents de code.
Claire Martin: Nicolas, si on regarde la vague actuelle, il y a un chiffre qui saute aux yeux et que l'équipe de Cline avance : onze millions d'utilisateurs pour Cline Desktop. On le dit bien comme une affirmation de l'éditeur, pas comme un résultat vérifié. Mais quand même, ça situe l'échelle.
Nicolas Moreau: Et Cline Desktop, c'est quoi exactement ? C'est une application de bureau open source, et le point important, c'est qu'elle cible les modèles à poids ouverts. Vous n'êtes pas obligé de passer par un modèle propriétaire fermé, vous pouvez faire tourner des modèles open weight. Et au-delà du choix du modèle, l'appli permet de lancer plusieurs sessions d'agents en parallèle. Donc vous pouvez avoir plusieurs tâches qui avancent en même temps, pas juste un agent qui discute avec vous.
Claire Martin: Et il y a un détail qui montre bien qu'ils pensent à la migration : on peut importer ses tâches depuis Claude Code ou Codex. Autrement dit, vous n'êtes pas coincé dans un écosystème, vous pouvez transférer votre historique de travail. Ça, c'est un vrai argument d'ouverture, cohérent avec le côté open source.
Nicolas Moreau: Dans le même esprit, il y a Jackalope, aussi open source, mais avec une approche un peu différente. C'est un espace de travail de bureau où plusieurs agents coexistent : Codex, Claude Code, Grok, OpenCode. Et la astuce technique, c'est le parallélisme via des Git worktrees.
Claire Martin: Explique ce point-là, parce que c'est le cœur de l'idée.
Nicolas Moreau: Alors, un Git worktree, c'est un moyen d'avoir plusieurs copies de travail d'un même dépôt, dans des dossiers séparés, sans multiplier les clones complets. Chaque agent travaille dans son worktree, donc dans sa propre copie du code, et ils ne se marchent pas dessus. Ensuite, Jackalope intègre une étape de revue : vous regardez ce que chaque agent a produit avant de fusionner.
Nicolas Moreau: C'est important parce que ça répond à une vraie objection sur les agents de code en parallèle : si tout tourne tout seul, qui vérifie ? Ici, la revue est prévue dans l'outil.
Claire Martin: Et ça rejoint une limite générale de tout ce qui touche aux agents : on peut les lancer en parallèle, importer des tâches, choisir des modèles ouverts, mais la qualité du résultat reste à évaluer au cas par cas. Les descriptions des éditeurs sont des promesses, pas des mesures. On ne sait pas, à ce stade, comment ça se comporte sur de gros dépôts ou des projets mal structurés.
Nicolas Moreau: Maintenant, troisième pièce du puzzle : Devin. Devin, c'est l'agent autonome de Cognition, et ils lancent Devin Voice. Le principe : vous dictez une tâche à l'oral, et Devin la planifie, la programme et la livre. Côté technique, ils utilisent GPT-Live pour la couche vocale, et leur nouveau modèle, SWE-2.
Claire Martin: Ce qui est intéressant ici, c'est le déplacement du point d'entrée. Aujourd'hui, lancer un agent de code suppose d'écrire un prompt, souvent en anglais, souvent technique. Avec la voix, le geste devient plus naturel : tu dis ce que tu veux, l'agent s'occupe du reste. Mais attention, tout repose sur la qualité de la planification. Dicter une tâche, c'est facile ; dicter une tâche assez précise pour que l'agent ne parte pas dans une mauvaise direction, c'est autre chose.
Claire Martin: Et là, on n'a pas d'élément indépendant sur le taux de réussite réel de Devin Voice.
Nicolas Moreau: Et la voix comme interface, ça ne s'arrête pas à Devin. Il y a aussi Loqua, et là, on change de famille de produit : c'est une application vocale conçue par des chercheurs en parole. Leur particularité, c'est qu'ils ont leur propre modèle omni, qui partage le contexte voix et écran dans un seul modèle.
Claire Martin: Concrètement, ça donne quoi ?
Nicolas Moreau: Trois usages annoncés. La dictée classique. Ensuite, ce qu'ils appellent Capture to Ask : tu capture ce qui est à l'écran et tu poses une question dessus. Et enfin, des actions dans les applications, donc l'assistant ne se contente pas de répondre, il agit là où vous travaillez.
Claire Martin: Le fait que ce soit un seul modèle omni qui voie et entende tout, c'est un vrai choix technique. Ça permet un contexte partagé, cohérent, plutôt que d'enchaîner transcription puis texte. Mais ça soulève immédiatement la question qu'on va traiter juste après : si le modèle voit votre écran et entend tout, qu'est-ce qui part où ?
Nicolas Moreau: Et justement, pour boucler ce premier volet, Raycast 2.0. Raycast, c'est le lanceur macOS très connu des développeurs, et ils ont reconstruit la version 2.0 autour de l'IA. Le cœur, ce sont des actions IA qui traversent les applications : vous n'appelez plus une IA dans une fenêtre, vous déclenchez des actions sur ce que vous manipulez, quel que soit l'app.
Claire Martin: Ils ajoutent des Automations, donc des déclenchements automatiques, des Projects, de la dictée, et de la recherche de fichiers. Une suite d'outils assez complète pour faire du lanceur un hub d'assistant. Mais il y a une contrainte non négociable qu'il faut signaler : Raycast 2.0 exige macOS Tahoe. Donc si vous êtes sur une version antérieure de macOS, ce n'est pas pour vous, du moins pas cette version.
Nicolas Moreau: Et si on fait une lecture d'ensemble, qu'est-ce qui se dessine ? Une convergence entre le terminal, le desktop et la voix. Cline et Jackalope viennent du monde des développeurs, avec du parallélisme et de la revue. Devin Voice et Loqua montent l'interaction orale. Raycast relie tout ça dans le système. On n'est plus dans l'ère du chatbot, on est dans l'ère de l'agent intégré à l'environnement de travail.
Claire Martin: Et cette convergence a un prix. Plus on donne de contexte — écran, fichiers, conversations, historique de code — plus la question de la confidentialité devient critique. On enchaîne justement là-dessus.
Nicolas Moreau: Alors deux outils adressent directement ces risques, et ils sont assez complémentaires. Le premier, c'est TIM PG. C'est un outil Windows, hors ligne, et sans IA. Attention, c'est le paradoxe voulu : un outil qui protège votre vie privée face aux IA et qui, lui, n'utilise aucune intelligence artificielle. Son terrain de jeu, c'est le presse-papiers.
Claire Martin: Le scénario, c'est celui qu'on vit tous : on copie un texte qui contient des données personnelles, un nom, une adresse, un numéro, et on le colle dans un LLM. TIM PG masque ces données avant le collage, dans le presse-papiers, et puis — et c'est le point malin — il restaure les données dans la réponse de l'IA.
Nicolas Moreau: Oui, c'est ça qui fait la différence. Parce que les solutions naïves d'anonymisation cassent souvent le sens : si vous remplacez « Marie Dupont » par « Personne 1 », l'IA donne une réponse générique, et le texte n'est plus utilisable. Là, l'IA travaille sur une version masquée, et vous récupérez sa réponse avec les vraies valeurs remises en place. Le tout hors ligne, donc rien ne transite par un serveur tiers.
Claire Martin: Pour qui c'est pertinent ? Toute personne qui colle régulièrement du texte contenant des informations sensibles dans des assistants : juristes, médecins, freelances, développeurs. Et la limite est dans le périmètre : c'est le presse-papiers uniquement. Si vous tapez le texte à la main, ou si le fichier joint au LLM échappe au presse-papiers, TIM PG ne vous protège pas. Et c'est Windows seulement, pour l'instant.
Nicolas Moreau: Le deuxième outil, chat-recall, répond à un autre risque, plus silencieux : l'accumulation. Quand on utilise plusieurs assistants de code — Claude Code, Codex, Cursor, OpenCode — les conversations s'éparpillent dans des outils qui gardent chacun leur historique. chat-recall, gratuit et entièrement local, agrège tout ça en un historique unique et cherchable.
Claire Martin: Et il fait une chose très concrète : il scanne ces conversations pour détecter des clés API qui auraient fuité. Et ça, c'est un scénario bien réel. On colle parfois un fichier de configuration ou un log dans un assistant pour avoir de l'aide, et il arrive qu'une clé d'API passe avec. Une fois dans l'historique, on l'oublie. Le fait que l'outil soit local est cohérent avec sa fonction : un outil de confidentialité qui enverrait vos conversations sur un serveur, ça ne serait pas très crédible.
Nicolas Moreau: En creux, chat-recall dit quelque chose d'important : vos conversations avec des agents sont devenues des données à part entière. Elles contiennent des décisions, des extraits de code, parfois des secrets. Et pour l'instant, la plupart des outils ne donnent pas de vue unifiée là-dessus.
Claire Martin: Et cette idée du contrôle, elle se prolonge naturellement dans la portabilité. Parce qu'au fond, le problème de TIM PG et chat-recall, c'est « qu'est-ce que je partage, et qu'est-ce qui reste en mémoire ? ». La question suivante, c'est : « est-ce que je peux déplacer mes conversations d'un assistant à l'autre ? ». Et c'est exactement ce que fait ChatHop.
Nicolas Moreau: ChatHop, donc, permet de transférer une conversation d'un assistant IA à un autre, avec le contexte inclus. Ce point-là est essentiel : si vous avez passé vingt minutes à expliquer votre projet à un assistant, la valeur n'est pas dans les messages, elle est dans le contexte accumulé. Changer d'assistant et repartir de zéro, c'est perdre ce capital. ChatHop transfère ce contexte, et si vous préférez, vous pouvez aussi copier vos chats en texte ou en Markdown.
Claire Martin: La disponibilité : vingt utilisations gratuites par mois. C'est un modèle freemium classique, et ça veut dire que l'usage intensif sera payant — on n'a pas le détail des tarifs au-delà de cette offre gratuite. Mais l'idée en elle-même est intéressante parce qu'elle pose une question de fond : les conversations IA sont-elles à nous, ou sont-elles verrouillées dans chaque plateforme ?
Nicolas Moreau: Dans une logique voisine — reprendre le contrôle de ses espaces numériques — il y a aussi LiveGrid. Et là, on change complètement de domaine, mais l'intention est la même. LiveGrid, c'est un outil navigateur qui affiche plusieurs lives en même temps, côte à côte, dans une grille. Il supporte Twitch, YouTube et Kick.
Claire Martin: Le détail qui mérite d'être souligné : c'est un projet de fondateur solo, un certain Lucas. Donc un produit porté par une seule personne. C'est un produit de niche assumé — les gens qui regardent plusieurs streams simultanément, il y en a, mais c'est un usage spécifique. Et comme tout projet solo, la pérennité et le rythme des mises à jour dépendent d'une seule personne. Ce n'est ni bon ni mauvais, c'est juste un facteur à connaître.
Nicolas Moreau: Ce qui relie ChatHop et LiveGrid, c'est le refus des silos. L'un brise le silo de l'assistant, l'autre brise le silo du lecteur vidéo. Deux façons de dire : mes contenus, mes conversations, mes flux, je les arrange comme je veux. Et ça nous amène tout naturellement au monde de la création, où il y a aussi une vraie tendance : des outils gratuits, dans le navigateur, sans friction.
Claire Martin: Trois produits illustrent ça. Le premier, Design Studio de Monday Merch. Le nom dit ce que ça fait : une agence de merchandising qui met à disposition un studio de design dans le navigateur. Vous dessinez sur plus de mille produits, en 2D ou en 3D.
Nicolas Moreau: Et il y a une fonctionnalité qui, à mon sens, est la plus intelligente : les règles d'impression sont intégrées directement dans l'outil. Quiconque a déjà préparé un visuel pour de la sérigraphie ou de la broderie connaît le problème : les marges, les couleurs, les zones imprimables, les formats. Généralement, vous dessinez, vous envoyez le fichier, et l'imprimeur vous renvoie « non, ça ne passera pas ». Là, les contraintes sont là pendant que vous dessinez. Et c'est gratuit.
Claire Martin: La logique business est transparente, d'ailleurs : Monday Merch est un vendeur de produits personnalisés, le studio gratuit attire des clients. Ce n'est pas un outil désintéressé, c'est un outil d'acquisition. Mais pour l'utilisateur, c'est gratuit et ça règle un vrai problème, donc l'échange est honnête.
Nicolas Moreau: Deuxième outil créatif : Sliick. Il génère des mockups 3D d'appareils pour vos captures d'écran et vos vidéos. Et là aussi, la promesse de zéro friction est très affichée : pas de compte, pas de watermark, pas d'upload. Les médias restent sur votre appareil.
Claire Martin: Ce point technique mérite qu'on s'y attarde. Si tout se passe sur l'appareil, ça veut dire que le rendu 3D se fait localement dans le navigateur. Les conséquences : pas d'attente d'upload ni de file d'attente serveur, pas de crainte pour vos captures d'écran éventuellement confidentielles, et pas de watermark pour vous forcer à payer. C'est une position assez rare dans ce marché, où beaucoup d'outils de mockup verrouillent la sortie haute qualité derrière un abonnement.
Nicolas Moreau: Troisième outil : GLYPH Immersive. Un outil navigateur gratuit de lettrage modulaire en grille. Le rendu : des lettres aux formes arrondies, façon pixel mais adouci, posées sur une grille réglable. Sans inscription. C'est un outil de niche, clairement destiné aux designers qui cherchent une esthétique typographique particulière, par exemple pour des affiches ou des identités.
Nicolas Moreau: Mais il complète bien le tableau : design produit, mockups, typographie — trois besoins créatifs, trois outils gratuits, sans compte, dans le navigateur.
Claire Martin: Et pour compléter ce volet création, un mot sur Moji, parce qu'il sort un peu du lot : c'est un éditeur Markdown libre et open source, sous licence MIT. Sa particularité, c'est qu'il ouvre les fichiers .md comme un PDF, avec un aperçu en direct. Il supporte Mermaid — donc les diagrammes — et il exporte en PDF, HTML ou PNG.
Nicolas Moreau: Le parallèle avec le PDF est parlant : le Markdown, aujourd'hui, est devenu un format de document à part entière, mais la plupart des gens qui reçoivent un .md n'ont pas d'outil pour le lire confortablement. Moji traite ça comme un lecteur autant qu'un éditeur. Et la licence MIT, c'est la garantie juridique que le projet peut être utilisé et redistribué librement.
Nicolas Moreau: Ce n'est pas un outil IA, d'ailleurs, c'est un outil de productivité, mais il s'inscrit dans la même logique : logiciel simple, gratuit, sans friction.
Claire Martin: Passons maintenant à un dernier volet, et c'est peut-être le plus révélateur de la direction que prend l'IA : des outils qui ciblent des métiers précis, pas des développeurs. Et le premier exemple est assez spectaculaire. sizeless, soutenu par Y Combinator et ETH Zurich, transforme une vidéo prise au smartphone d'une tranchée ouverte en modèle 3D, en plans CAD/BIM, et en quantités de facturation.
Nicolas Moreau: Le public, ici, c'est clairement le BTP et les travaux publics. Le scénario : un chef de chantier ou un conducteur de travaux filme la tranchée avec son téléphone. sizeless en tire un modèle 3D, des plans utilisables en CAO/BIM, et surtout, les quantités — les mètres cubes de terre déplacés, les longueurs, tout ce qui sert à facturer ou à justifier les travaux.
Claire Martin: Ce qui change, c'est l'écart entre l'outillage existant et ce geste-là. Aujourd'hui, mesurer une tranchée correctement demande du matériel de topographie ou au minimum un relevé manuel, puis une saisie dans un logiciel. Là, le geste se réduit à filmer avec le téléphone qu'on a déjà en poche.
Claire Martin: Le soutien de Y Combinator et d'ETH Zurich, c'est un signal de crédibilité sur la partie scientifique, la photogrammétrie et la modélisation, mais ce sont des investisseurs et une institution, pas une validation du produit sur le terrain. Et pour un usage facturation, la précision de mesure est une question cruciale — on n'a pas d'élément chiffré là-dessus dans ce qu'on a à disposition.
Nicolas Moreau: Deuxième produit métier : Wisry. Là, on est dans le marketing. Des agents IA scannent les bibliothèques publicitaires de Meta et de TikTok — ces bibliothèques sont publiques, c'est une vraie mine d'informations, on y voit les pubs qui tournent, pas seulement les plus performantes. Wisry identifie les annonces qui gagnent, les clone aux couleurs de votre marque, et les lance sur Meta ou Google, en optimisant pour le ROAS, le retour sur dépense publicitaire.
Claire Martin: Là, il faut être précis sur ce que ça veut dire et ce que ça ne veut pas dire. Cloner une pub gagnante, dans la pratique, c'est reprendre une structure qui a fait ses preuves — un angle, un format, un hook — et l'adapter à votre marque. C'est une pratique répandue chez les media buyers, Wisry l'industrialise.
Claire Martin: Les limites sont celles de toute automatisation publicitaire : une structure qui marche pour une marque ne marche pas forcément pour une autre, et le ROAS dépend de milliers de variables — offre, audience, budget. On n'a pas de données de performance réelles, donc restons prudents sur ce que « optimisé pour le ROAS » signifie en pratique.
Nicolas Moreau: Troisième produit, dans un registre plus administratif mais très concret : Formesign. Il ajoute la signature électronique juridiquement contraignante à Google Forms. Le flux : quelqu'un remplit votre formulaire, il reçoit un PDF signé par e-mail, vous récupérez une copie d'audit dans Drive, et les données se synchronisent dans Sheets.
Claire Martin: Là, on tient un vrai manque comblé. Google Forms est partout, dans les petites structures, les associations, les écoles, et il sert souvent à recueillir des accords — consentements, engagements, inscriptions. Mais un formulaire rempli n'a aucune valeur contractuelle en soi. Ajouter la signature électronique contraignante, avec une piste d'audit stockée dans Drive, transforme un questionnaire en document engageant.
Claire Martin: Et la synchronisation Sheets, c'est le détail qui fait que ça s'intègre dans le quotidien de quelqu'un qui gère déjà tout dans Google.
Nicolas Moreau: Et le dernier du volet métiers, Spaces, ramène la boucle vers le début de l'épisode. C'est une application de bureau pour les équipes : un espace partagé par projet, avec des agents IA intégrés, des chats et des fichiers communs. Le tarif est annoncé : dix dollars quatre-vingt-dix-neuf par an et par personne — attention, par an, pas par mois, ce qui le place dans les prix très bas pour ce type d'outil.
Claire Martin: Et c'est là que la boucle se referme, non ?
Nicolas Moreau: Exactement. Regardez le fil de l'épisode : on a commencé avec des agents de code — Cline, Jackalope, Devin — qui vivent dans le terminal et le bureau du développeur. Puis on a vu la confidentialité, la portabilité. Et on termine avec des agents qui entrent dans d'autres métiers — le chantier, la pub, le juridique — et des espaces d'équipe où les agents sont des collègues parmi d'autres.
Nicolas Moreau: La question qu'on se pose pour la suite, c'est celle-là : ces briques métiers — la mesure de tranchée, le clonage publicitaire, la signature — vont-elles s'intégrer aux agents généraux qu'on a vus en ouverture ? Est-ce que Devin ou Cline pourront un jour orchestrer un appel à sizeless ou à Wisry ? Rien ne le dit encore, mais la trajectoire y ressemble.
Claire Martin: Et restons honnêtes sur ce qu'on ne sait pas : la plupart de ces produits sont récents, leurs chiffres d'usage viennent de leurs éditeurs, et personne n'a encore de recul sur leur comportement en conditions réelles et prolongées. Ce qu'on peut dire avec confiance, en revanche, c'est la direction : des agents plus intégrés, plus vocaux, plus parallèles — et plus intrusifs, donc une vraie bataille à venir sur la confidentialité et la portabilité.
Nicolas Moreau: Merci d'avoir écouté. On se retrouve très bientôt pour une prochaine sélection.
Claire Martin: D'ici là, gardez le contrôle de vos contextes. À bientôt !