0819 | Claude Code crée un pilote macOS pour imprimante ; mouche 3D, Apple UE, Meta
Show notes
Cet épisode explore une série de sujets tech et scientifiques. Au programme : la prouesse d'une session Claude Code qui crée un pilote macOS pour une imprimante HP réputée Windows-only, la promotion prolongée des limites hebdomadaires de Claude Code, une mouche à fruit 3D animée par le connectome réel FlyWire sur le bureau macOS, et l'idée audacieuse que la Norvège achète OpenAI. S'ajoutent un débat sur un langage de requêtes fonctionnel pour bases de données, le nouvel index vectoriel Rust turb
Chronologie
- 00:00:00 Introduction
- 00:00:40 Claude Code fabrique un pilote macOS pour une imprimante HP
- 00:02:52 La promotion des limites hebdomadaires de Claude Code
- 00:05:35 Une mouche à fruit 3D pilotée par le connectome FlyWire
- 00:07:57 La Norvège devrait-elle acheter OpenAI ?
- 00:10:09 Repenser la programmation de bases de données
- 00:12:24 Turbovec, la recherche vectorielle TurboQuant en Rust
- 00:14:49 Linux 7.3 et la gestion de la VRAM
- 00:17:31 L'antisèche Polars en deux pages
- 00:19:48 Apple change ses conditions pour les apps dans l'UE
- 00:22:29 Meta brevète la reconnaissance faciale automatique
- 00:24:41 Google rachète les données de la compagnie Spirit
- 00:26:49 Sauver un laptop Framework brické avec 20 dollars d'outils
- 00:28:15 Fairphone arrive officiellement aux États-Unis
- 00:30:41 Rationnement du sucre et risque de cancer à l'âge adulte
- 00:33:12 La chaleur des centres de données à l'échelle du quartier
- 00:34:57 Finger, le réseau social de 1971 jamais disparu
- 00:38:00 Le réseau ferroviaire transformé en scanner à plat
Liens connexes
- Claude Code Teaching macOS to Natively Print to the HP Laser 1008a - Bri Hacker News Campaign Feed
- Claude Code May–August 2026 weekly limits promotion - Bri Hacker News Campaign Feed
- A 3D fruit fly on macOS desktop powered by the real FlyWire connectome - Bri Hacker News Campaign Feed
- Norway should buy OpenAI - Bri Hacker News Campaign Feed
- Rethinking Database Programming - Bri Hacker News Campaign Feed
- Turbovec – Google's TurboQuant for vector search in Rust - Bri Hacker News Campaign Feed
- Linux 7.3 improves performance when running out of vRAM - Bri Hacker News Campaign Feed
- Python Polars Cheatsheet (based on our O'Reilly book) - Bri Hacker News Campaign Feed
- Apple announces changes for apps in the European Union - Bri Hacker News Campaign Feed
- Meta Files Patent for Facial Recognition, Automatic Recording of People - Bri Hacker News Campaign Feed
- Google has acquired the data of failed US airline Spirit - Bri Hacker News Campaign Feed
- Fixing a bricked Framework laptop - Bri Hacker News Campaign Feed
- Fairphone is now officially available in the United States - Bri Hacker News Campaign Feed
- Babies born under sugar rationing grew into adults with lower cancer risk - Bri Hacker News Campaign Feed
- Field measurements of neighborhood-scale air temperature impacts of data centers - Bri Hacker News Campaign Feed
- Finger: Social network that never died - Bri Hacker News Campaign Feed
- Using the railway network as a flatbed scanner - Bri Hacker News Campaign Feed
Cet épisode est produit par Bri. Bri utilise une technologie d'IA avancée pour transformer les flux qui vous intéressent en podcasts conçus pour l'écoute. Contactez-nous à hi@bri.so.
Transcript
Claire Martin: Bienvenue dans HackerNews Daily, sur Bri Radio. Je suis Claire Martin, et aujourd'hui, un épisode particulièrement riche: la politique, les prouesses techniques, et même le règne animal sur nos écrans.
Nicolas Moreau: Et moi, Nicolas Moreau. Au programme entre autres, une grosse session d'outil d'IA qui a défrayé la chronique sur X, une promotion chez Anthropic, et une mouche en 3D qui promet d'habiter votre bureau macOS.
Claire Martin: On parlera aussi d'un article qui suggère que la Norvège devrait tout simplement racheter OpenAI, et d'un segment sur la programmation de bases de données qui fait réfléchir. Sans oublier un tour d'actualité côté Apple et Meta.
Nicolas Moreau: Encore un bel aperçu. On démarre tout de suite.
Claire Martin: Un utilisateur raconte sur X avoir passé environ quatre heures d'une session Claude Code à donner un pilote macOS natif à son imprimante HP Laser 1008a, un modèle qu'il présente comme uniquement pris en charge sous Windows. L'imprimante est en réalité une Samsung rebadgée, host-based, qui parle le langage raster propriétaire SPL3, sans aucun pilote Mac ni AirPrint. D'après son récit, la session menée avec Claude Code Opus 4.8 a vu CUPS détecter l'appareil comme une HP Laser 1003-1008, un pilote PCL générique resté bloqué, puis l'agent déchiffrer le langage d'impression en lisant les pages d'erreur de l'imprimante, contourner le sandbox USB de macOS, exécuter le codec rastertospl d'HP dans un conteneur Linux pour produire du véritable SPL3, et mettre en place un démon persistant. Le dépôt GitHub associé propose un installateur en une commande sous licence MIT. Les commentaires Hacker News discutent surtout de la méthode, plusieurs contestant le récit: certains affirment que l'agent n'a pas écrit de pilote mais utilisé un pilote Linux existant ou les drivers ULD d'HP, d'autres relèvent que le coût en tokens n'est indiqué nulle part, un participant évaluant son propre projet comparable mené avec DS Flash et GPT-5.6-Sol à environ 2 à 3 dollars.
Nicolas Moreau: Et la transcription de la session, publiée sur GitHub avec un installateur en une commande sous licence MIT, montre un agent Claude Code Opus 4.8 en contexte d'un million de jetons qui, selon le récit, déchiffre le langage d'impression en lisant les pages d'erreur de l'imprimante, contourne le carcan USB de macOS et exécute le codec d'impression d'HP dans un conteneur Linux pour produire de véritables données raster, le tout au sein d'un démon qui tient les redémarrages.
Claire Martin: Sur Hacker News, la méthode fait débat. Plusieurs commentateurs affirment que l'agent n'a en réalité rien écrit de neuf: il aurait simplement réutilisé un pilote Linux déjà existant pour cette imprimante, voire les pilotes unifiés d'HP qui parlent déjà le langage Samsung, et qu'aucune IA n'était nécessaire pour ça.
Nicolas Moreau: Certains relèvent aussi que le coût en jetons n'est jamais indiqué, ni dans le post ni dans le dépôt. Un participant évalue d'ailleurs son propre projet comparable, mené avec d'autres modèles, à environ deux à trois dollars. Autrement dit, la prouesse impressionnante se confronte à une vraie question: que revient-il à l'agent, et que revient-il aux pilotes open source déjà en circulation?
Claire Martin: Anthropic a publié une mise à jour de son centre d'aide annonçant une promotion à durée limitée qui augmente de cinquante pour cent les limites d'utilisation hebdomadaires de Claude Code. Initialement prévue du 13 mai au 19 août 2026, la promotion a été prolongée et court désormais jusqu'au 19 août 2026 à 23 h 59 PT. Elle s'applique aux formules Pro, Max et Team, ainsi qu'aux sièges hérités des plans Enterprise, tandis que les plans gratuits et les sièges Enterprise à consommation ne sont pas inclus. L'augmentation ne concerne que Claude Code, partout où il est utilisé, CLI, extensions IDE, bureau et web compris; les limites des autres produits Claude restent inchangées, de même que la limite de cinq heures. Aucune action n'est requise, et après le 19 août, les limites hebdomadaires reviennent aux niveaux standard, sans changement de forfait ni de facturation. Sur Hacker News, certains commentateurs relient cette annonce à des pannes du jour, estimant que des utilisateurs se précipitent à tort ou non, tandis que d'autres rappellent que les limites reviendront à leur niveau d'avant la promotion. Le fil donne aussi lieu à des comparaisons de modèles, certains jugeant Claude Opus et Fable très inférieurs à GPT-5.6-Sol, avec un client de bureau pire et une valeur moindre, l'un affirmant qu'Anthropic semble limiter le calcul au fil de l'utilisation sur Max jusqu'à ce que le service cesse de fonctionner.
Nicolas Moreau: Oui, et elle a même été prolongée. Initialement prévue de mai à août, elle court désormais jusqu'au 19 août 2026. Elle concerne les formules Pro, Max et Team, ainsi que les sièges hérités des plans Enterprise. Les plans gratuits et les sièges Enterprise à consommation sont exclus.
Claire Martin: Surtout, l'augmentation ne touche que Claude Code, partout où il est utilisé — ligne de commande, extensions d'éditeur, bureau et web. Les limites des autres produits Claude restent inchangées, tout comme la limite de cinq heures. Et aucune action n'est requise de la part des utilisateurs: après le 19 août, les limites reviendront simplement à leur niveau standard.
Nicolas Moreau: Sur Hacker News, plusieurs liens sont faits avec des pannes récentes. Un commentateur note que des utilisateurs se précipitent pour en profiter, à tort ou à raison, tandis qu'un autre avoue avoir oublié l'annonce et comprendre enfin pourquoi Claude Code semblait si généreux ces derniers mois. D'autres encore rappellent que les limites finiront par revenir à leur niveau d'avant la promotion.
Claire Martin: Le fil glisse aussi vers des comparaisons de modèles. Un participant juge Claude Opus très inférieur à GPT-5.6-Sol, avec un client bureau moins bon et une valeur moindre, affirmant qu'OpenAI multiplie les remises. Un autre abonde en disant qu'Anthropic semble rationner le calcul au fil de l'utilisation sur Max, jusqu'à ce que le service cesse de répondre. Au delà de la promotion, c'est donc bien la question des limites réelles des forfaits qui ressurgit.
Claire Martin: Un dépôt GitHub un peu fou met en scène une mouche à fruit 3D qui vit sur le bureau macOS, pilotée par une simulation de pointes en direct du connectome réel de la mouche, l'atlas FlyWire. D'après le README, elle marche sur les fenêtres, se toilette, dort et décide de fuir le curseur avec les mêmes neurones qu'une vraie mouche. Une fenêtre montre le cerveau avec 23 210 positions de somas de neurones réels issues de la version v783 de FlyWire, colorées par super-classe, les pointes s'allumant aux emplacements réels des neurones, deux marqueurs jaunes correspondant aux Giant Fibers, et un clic permettant de stimuler une région. Le README précise ce qui est réel: un circuit de 668 neurones et environ 19 000 connexions synaptiques réelles, signées par des prédictions de neurotransmetteurs, simulé en un kilohertz en modèle leaky-integrate-and-fire. Il comprend notamment des neurones de détection d'approche, des neurones de direction, de marche avant, de toilettage, de marche arrière, des neurones d'ailes d'évasion, plus leurs 330 partenaires les plus forts, dont des neurones proprioceptifs et sensoriels de vent. L'échappement n'est pas scénarisé: l'approche du curseur devient une entrée looming pour les neurones de détection, et la mouche ne décolle que lorsque la Giant Fiber émet un potentiel d'action via ses synapses réelles, environ 1 200 synapses d'inhibition feedforward expliquant la dynamique.
Nicolas Moreau: D'après le projet, elle marche sur les fenêtres, se toilette, dort et décide de fuir le curseur en utilisant les mêmes neurones qu'une vraie mouche. Il y a même une fenêtre qui montre le cerveau: plus de vingt-trois mille positions de neurones réels issues de la version 783 de FlyWire, colorées par type, les signaux s'allumant aux emplacements réels des neurones, avec deux marqueurs jaunes pour les neurones de commande de l'échappement.
Claire Martin: Ce qui est réel tient à la simulation: un circuit de six cent soixante-huit neurones et environ dix-neuf mille connexions synaptiques réelles, simulées à mille hertz avec un modèle d'intégration et de déclenchement. On y retrouve les neurones de détection d'approche, les neurones de mouvement avant et arrière, de toilettage, et les neurones d'ailes qui déclenchent l'envol.
Nicolas Moreau: Et justement, l'échappement n'est pas scénarisé: l'approche du curseur devient un signal d'approche pour les détecteurs, et la mouche ne décolle que lorsque le neurone de commande de fuite émet réellement un potentiel d'action à travers ses synapses authentiques. Environ mille deux cents synapses d'inhibition en amont expliquent le déclenchement. Bref, c'est un minuscule cerveau de mouche entier qui tourne sur votre bureau, une vraie miniature de circuit vivant.
Claire Martin: Un essai publié dans la newsletter « One Thousand Means », présentée comme un journal de socialisme progressiste, avance une idée pour le moins audacieuse: la Norvège devrait acheter OpenAI. L'auteur, Zachary Jones, estime que les capacités de l'IA progressent plus vite que la réponse institutionnelle et qu'une technologie transformatrice va entrer en collision avec l'économie politique capitaliste, menaçant la survie, l'autonomie et l'ordre démocratique, avec un risque de concentration du pouvoir et de la richesse. Il affirme que les modèles de langage sont des œuvres dérivées de l'effort collectif, entraînés sur des textes, images et codes extraits d'Internet et d'archives numérisées, et bâtis sur des infrastructures financées publiquement, de la recherche DARPA aux universités et jeux de données publics. Il qualifie la situation d'« enclosure des communs » et juge que les entreprises d'IA ont résisté aux pressions pour respecter les normes de sécurité. Sa proposition: le Government Pension Fund Global norvégien devrait acheter OpenAI et le gérer au bénéfice de la communauté internationale, citant une valorisation du fonds de plus de 2 000 milliards de dollars et une valorisation d'OpenAI autour de 800 milliards, et rappelant qu'OpenAI était anciennement une organisation à but non lucratif.
Nicolas Moreau: L'auteur, Zachary Jones, part d'un constat simple: les capacités de l'IA progressent plus vite que la réponse institutionnelle, et une technologie transformatrice va entrer en collision avec l'économie politique capitaliste, menaçant la survie, l'autonomie et l'ordre démocratique, avec un risque de concentration du pouvoir et de la richesse entre les mains des propriétaires des systèmes d'IA.
Claire Martin: Il défend l'idée que les modèles de langage sont des œuvres dérivées de l'effort collectif: entraînés sur des textes, images et codes tirés d'Internet et d'archives numérisées, et bâtis sur des infrastructures financées publiquement, de la recherche DARPA sur les réseaux de neurones jusqu'aux universités publiques et aux jeux de données publics. Il parle d'une « enclosure des communs », comparable à la privatisation de terres communes.
Nicolas Moreau: Sa proposition: le fonds souverain norvégien, qui pèse plus de deux mille milliards de dollars, devrait acheter OpenAI — valorisé autour de huit cents milliards — et le gérer au bénéfice de la communauté internationale. Il rappelle au passage qu'OpenAI était autrefois une organisation à but non lucratif, ce qui rend l'idée moins saugrenue qu'elle n'y paraît, et inscrit sa proposition dans cette longue tradition de social-démocratie que la newsletter revendique dans son sous-titre.
Claire Martin: Le fil Hacker News « Rethinking Database Programming » renvoie à un article du blog d'Acadia, un studio danois qui se targue de tout fabriquer à la main à cent pour cent, compilateur et documentation compris. Selon celui qui a soumis le fil, l'article présente un nouveau langage de requêtes fonctionnel pour PostgreSQL et SQLite, créé par Evan Czaplicki, l'auteur d'Elm. Dans la discussion, une grande partie oppose ce langage à SQL: un participant demande avec ironie si l'outil transforme une requête SQL d'une ligne en six lignes de code à peine lisible, ce à quoi un autre répond que c'est le prix à payer pour transformer une requête SQL « cauchemar » de 600 lignes en 60 lignes de code à peine lisibles. Un participant voudrait voir un tel exemple, se dit favorable à l'amélioration de SQL mais estime que la syntaxe présentée ne règle même pas le problème de la virgule pendante, tandis qu'un autre préfère garder les 600 lignes de SQL pourvu que la requête ne soit pas construite dynamiquement. Le débat s'élargit à SQL lui-même, certains le jugeant « horrible » et prêts à programmer dans un langage composable comme Elm, d'autres rappelant avec ironie qu'Evan a retiré GROUP BY, tandis que plusieurs distinguent SQL comme langage de programmation procédural.
Nicolas Moreau: Accueil plutôt chaleureux: un commentateur dit aimer Elm et avoir hâte d'utiliser le projet davantage. Mais une grande partie de la discussion oppose ce langage à SQL, avec ironie. Un participant demande s'il est capable de transformer une requête SQL d'une ligne en six lignes de code à peine lisible. Et un autre répond que c'est le prix à payer pour pouvoir transformer une requête SQL cauchemar de six cents lignes en soixante lignes tout aussi peu lisibles.
Claire Martin: Un autre voudrait bien voir un tel exemple, se dit favorable à l'amélioration de SQL, mais estime que la syntaxe présentée ne règle même pas le problème d'une virgule pendante dans l'exemple. Certains préfèrent garder leurs six cents lignes de SQL, pourvu que la requête ne soit pas construite dynamiquement, jugeant que SQL est déjà un langage de très haut niveau, et que c'est acceptable.
Nicolas Moreau: Le débat s'élargit à SQL lui-même. L'un le juge horrible et se dit prêt à programmer dans un langage composable comme Elm, tandis qu'un autre réplique avec ironie qu'Evan a retiré GROUP BY dans Elm et est « parti acheter des cigarettes ». S'y mêlent le purisme du langage, la lisibilité réelle sur de grosses requêtes, et l'éternelle question de savoir si réinventer plutôt que réparer reste toujours la bonne voie.
Claire Martin: turbovec est un index vectoriel écrit en Rust, avec des bindings Python, publié sur GitHub sous RyanCodrai/turbovec et construit sur l'algorithme TurboQuant de Google Research, un quantificateur « data-oblivious » à distorsion quasi optimale. Le README revendique qu'un corpus de 10 millions de documents occupant 31 Go de RAM en float32 tient dans 4 Go avec turbovec, avec une recherche plus rapide que FAISS. Les kernels SIMD écrits à la main — NEON SDOT/SMMLA sur ARM, AVX-512 VNNI et vpermb sur x86 — battraient FAISS IndexPQFastScan dans chaque configuration mesurée, en moyenne 3,4× en 4 bits et 23 % en 2 bits sur les deux architectures. Le projet met en avant l'ingestion en ligne, sans entraînement, réglage ni reconstruction, des sauvegardes incrémentales, un filtrage à la recherche par allowlist d'ids ou bitmask de slots, et un fonctionnement 100 % local, sans service managé. Côté Python: pip install turbovec, puis TurboQuantIndex, add, search, write, load et sync, avec des vecteurs et requêtes en tableau float32 2D. La licence est MIT. Dans la discussion Hacker News, un commentateur s'enthousiasme pour ces 4 Go pour 10 millions de documents.
Nicolas Moreau: Concrètement, ça change quoi? Je crois que c'est le modèle de la Core Technology Fee qui est revu.
Claire Martin: Exactement. Cette redevance par installation, qui concernait surtout les très gros développeurs, laisse place à une commission plus simple de 5 % sur les transactions numériques des apps distribuées en dehors de l'App Store. Et chaque développeur qui distribue dans l'UE passe désormais sous un même ensemble de conditions unifiées.
Nicolas Moreau: C'est un vrai virage. Les gens peuvent signer dès aujourd'hui, et ça entre en vigueur le 1er octobre.
Claire Martin: Dans les commentaires, l'avis est loin d'être unanime. Certains disent qu'Apple commence enfin à céder et que la partie était perdue d'avance, avec beaucoup de temps et d'argent perdus en chemin.
Nicolas Moreau: Et d'autres vont beaucoup plus loin. Un commentateur raconte avoir vendu sa position Apple, en voyant l'entreprise comme un futur Nokia freiné par son manque d'IA native. Mais plusieurs répondent que c'est même pas proche de se produire, en rappelant qu'Apple reste la meilleure de sa catégorie sur l'IA locale, notamment.
Claire Martin: La discussion diverge aussi sur l'IA elle-même, avec des voix qui disent que les gens ne s'y intéressent pas vraiment, surtout si la fonctionnalité épuise la batterie. Le constat qui ressort, c'est que la pression réglementaire européenne a visiblement poussé Apple à repenser son modèle, et maintenant il faudra voir si les développeurs suivent.
Claire Martin: Dans « VRAM Management Part 2 », publié le 17 août 2026 sur le blog GPU de pixelcluster, Natalie Vock annonce que ses correctifs améliorant la gestion de la VRAM pour les jeux ont été fusionnés en amont et sont programmés pour Linux 7.3. L'article soutient qu'en théorie, manquer de VRAM devrait être un problème de performance et non de stabilité: les pilotes peuvent surréserver la VRAM et en accorder autant que le pilote du noyau décide d'en faire tenir dans la mémoire physique du GPU. Quand un jeu demande plus de VRAM qu'il n'en existe, une partie est déplacée vers la RAM du CPU, dont l'accès passe par le bus PCI, plus lent et souvent limitant. Avec une connexion PCIe 4.0 x16, la bande passante d'un peu moins de 32 Go/s — environ 32,2 Mio par milliseconde — signifie que pour un minimum de 30 images par seconde, le GPU ne peut accéder qu'à environ 1 075,5 Mio de données évincées par image, au-delà de quoi tenir 30 FPS devient impossible. La mise en cache atténue le problème: en cas de cache hit, la latence est identique, que la mémoire soit sur CPU ou sur GPU. Sur RDNA3, des microbenchmarks montrent que jusqu'à 6 Mo de cache L2, les latences restent comparables; pour la mémoire CPU, elles montent à environ 2 400 cycles par accès, avec environ 7,3 fois la latence d'un hit Infinity Cache.
Nicolas Moreau: Je crois qu'on en a beaucoup parlé, c'est le système de reconnaissance faciale.
Claire Martin: Oui. L'idée du brevet, c'est un système qui détecterait des personnes, les enregistrerait automatiquement, puis proposerait plus tard un montage des meilleurs moments. L'exemple donné dans le document, c'est un dîner où l'IA dirait quelque chose comme: « J'ai généré quelques moments forts du dîner de ce soir, voulez-vous les voir? » — sans même demander l'autorisation d'enregistrer.
Nicolas Moreau: Et en toile de fond, les lunettes Meta ont cette réputation bien gênante de « lunettes de pervers » à cause des enregistrements discrets. Elles ont pourtant une LED censée signaler qu'on enregistre.
Claire Martin: Oui, mais des gens la neutralisent carrément. Meta a donc publié des mises à jour qui bloquent la caméra si cette LED est couverte ou ne fonctionne plus. Et dans son communiqué, l'entreprise présente ça comme un avantage sur les smartphones — qui n'ont aucun indicateur équivalent, selon elle. Sauf qu'un téléphone n'est pas constamment pointé vers les personnes qui t'entourent.
Nicolas Moreau: Et l'article souligne aussi qu'une future version des lunettes pourrait enregistrer sans ce témoin lumineux du tout.
Claire Martin: Ça, c'est le point qui dérange le plus certains commentateurs. Il faut quand même relativiser: le dépôt d'un brevet ne garantit pas que la fonctionnalité verra le jour. Mais c'est dans un contexte déjà chargé — plus tôt cette année, Meta a été épinglée pour avoir envoyé à des travailleurs des extraits vidéo contenant des données sensibles. Bref, la question de savoir à quel point ces appareils peuvent observer sans consentement reste ouverte.
Nicolas Moreau: Sur Hacker News, le fil « Python Polars Cheatsheet » renvoie à l'antisèche publiée par Posit Open Source, issue d'un livre O'Reilly sur le sujet. Polars est une bibliothèque de transformation, d'analyse et de visualisation de données avec une API DataFrame rapide et expressive, publiée pour la première fois par Ritchie Vink en 2020. L'antisèche, signée Jeroen Janssens et Thijs Nieuwdorp, couvre les structures de données — Series, DataFrame, LazyFrame —, l'absence d'index de ligne contrairement à pandas, l'immutabilité et le chaînage de méthodes, les API eager et lazy avec prédicat et projection pushdown, le moteur streaming pour traiter hors mémoire des données plus grandes que la RAM, et des types de données s'appuyant sur Apache Arrow. En commentaire, Jeroen Janssens explique avoir passé les dernières semaines à compresser son livre de près de 500 pages en une antisèche de deux pages — une « compression très lossy », espère-t-il, mais utile — avec, outre le PDF, une version HTML accessible. Il demande quelles opérations Polars préférées manquent et recueille des retours sur l'organisation. Un commentateur demande s'il existe une version Markdown; un autre répond que la version HTML complète figure sous le bouton « Download PDF ».
Claire Martin: C'est signé par Jeroen Janssens et Thijs Nieuwdorp, et l'auteur explique avoir passé ses dernières semaines sur cette compression, qu'il qualifie lui-même de très lossy — donc très imparfaite — mais espère-t-il utile. Polars, pour rappel, c'est cette bibliothèque de transformation et d'analyse de données avec une API DataFrame rapide, publiée par Ritchie Vink en 2020.
Nicolas Moreau: Qu'est-ce qu'on retrouve dans cette antisèche en deux pages?
Claire Martin: Les structures de données de base — les Series, les DataFrame, les LazyFrame — l'absence d'index de ligne, contrairement à pandas, l'immutabilité et le chaînage de méthodes. Et surtout les deux moteurs: l'API eager et l'API lazy, avec le fameux predicate pushdown qui pousse les filtres le plus tôt possible, et le moteur streaming qui permet de traiter des données plus grandes que la RAM.
Nicolas Moreau: Et côté formats, tout est bâti sur la spécification Apache Arrow.
Claire Martin: Tout à fait. Il y a aussi une version HTML accessible en plus du PDF, ce qui intéressait certains commentateurs qui cherchaient une version exploitable. Et l'auteur demande d'ailleurs quelles opérations Polars préférées manquent à l'appel. Le calendrier est aussi à noter: la conférence posit::conf est annoncée à Houston, au Texas, du 14 au 16 septembre. Une belle façon de rendre un gros ouvrage bien plus digeste.
Nicolas Moreau: Apple a annoncé, le 18 août, des modifications de ses conditions commerciales pour les applications dans l'Union européenne, « à la suite d'une collaboration étroite avec la Commission européenne ». Selon Apple, ces changements « résolvent les désaccords » concernant les conditions commerciales et la distribution alternative, en faisant passer chaque développeur distribuant des apps dans l'UE à un ensemble unique de conditions, signables dès aujourd'hui avec une entrée en vigueur le 1er octobre. Apple facturera une commission sur la vente de biens et services numériques; la Core Technology Fee serait remplacée par la Core Technology Commission, une commission simple de 5 % sur les transactions numériques des apps distribuées hors App Store. Dans la discussion Hacker News, les commentateurs divergent. MBCook estime qu'Apple « commence à céder », que la partie était perdue d'avance et que l'entreprise aurait pu économiser du temps et de l'argent. brcmthrowaway affirme avoir vendu sa position Apple, voyant Ternus comme « le dernier CEO » et Apple comme un futur Nokia, pénalisé par son manque d'IA native; slater juge cela « même pas proche de se produire », tandis qu'un autre souligne qu'Apple est « dans de nombreux cas la meilleure de sa catégorie » pour l'IA locale. HumblyTossed rétorque que « personne ne se soucie de l'IA » ni d'une fonctionnalité qui épuise la batterie.
Claire Martin: La promesse est spectaculaire. Le projet s'appuie sur l'algorithme TurboQuant de Google Research, décrit comme un quantificateur sans phase d'entraînement séparée, avec une distorsion quasi optimale. Et le README revendique qu'un corpus de 10 millions de documents occupant 31 Go de RAM en float32 tient dans 4 Go avec turbovec, avec une recherche plus rapide que FAISS.
Nicolas Moreau: Quatre fois moins de mémoire, c'est énorme. Et les performances tiennent selon eux à des kernels SIMD écrits à la main, avec du NEON sur ARM et de l'AVX-512 sur x86. Ils affirment battre la solution équivalente de FAISS dans chaque configuration mesurée — en moyenne 3,4 fois plus vite en 4 bits, et 23 % en 2 bits.
Claire Martin: Ce qui plaît aussi beaucoup, c'est qu'il n'y a pas de phase d'entraînement du tout. On ingère en ligne, sans réglage ni reconstruction de l'index. Les sauvegardes sont incrémentales, avec un seul fsync par appel et une sécurité en cas de crash, et les petites suppressions ou ajouts se font en quelques millisecondes, quelle que soit la taille de l'index.
Nicolas Moreau: Et côté vie privée, ça fonctionne 100 % localement — pas de service managé, pas de donnée qui quitte la machine ou le VPC.
Claire Martin: En Python, c'est simple: on installe le paquet, on crée un index avec la dimension et la largeur de bits, puis on ajoute, on recherche, on écrit et on charge. Un point d'attention: les vecteurs doivent être des tableaux float32, les autres types étant rejetés. La licence est MIT. Et dans la discussion Hacker News, on note pas mal d'enthousiasme, notamment sur ce ratio de 4 Go pour 10 millions de documents. Un projet à suivre de près si vous gérez de gros corpus.
Claire Martin: Selon l'article de Privacy Guides relayé sur Hacker News, Meta a déposé un brevet pour un système « memory recall » qui détecterait des personnes via la reconnaissance faciale, les enregistrerait automatiquement et proposerait plus tard un « best-of » de ces moments. Les lunettes connectées Ray-Ban de Meta ont acquis une réputation de « lunettes de pervers », avec de nombreux signalements d'enregistrements discrets. Elles comportent une LED blanche, appelée « capture LED », censée clignoter pour signaler l'enregistrement, mais des gens la neutralisent. Meta a publié des mises à jour qui désactivent la caméra si la LED est couverte ou ne fonctionne pas, et la présente comme supérieure aux smartphones, qui n'ont pas d'indicateur équivalent — alors que ceux-ci ne sont pas constamment pointés vers les personnes autour de soi. Une future version des lunettes pourrait enregistrer sans ce témoin lumineux. Le brevet décrirait un système qui scanne et identifie des personnes, puis les enregistre automatiquement, avec l'exemple d'un dîner où l'IA dirait « J'ai généré quelques moments forts du dîner de ce soir, voulez-vous les voir? ». Le dépôt d'un brevet ne signifie pas que la fonctionnalité verra le jour.
Nicolas Moreau: Et quand un jeu demande plus de VRAM qu'il n'en existe, une partie de la mémoire est déplacée vers la RAM du CPU, accessible via le bus PCI — plus lent et souvent limitant en bande passante.
Claire Martin: Oui. L'article chiffre: avec une connexion PCIe 4.0 x16, on tourne autour de 32 Go par seconde. Pour maintenir au minimum 30 images par seconde, le GPU ne peut donc extraire qu'un peu plus d'un Go de données évincées par image. Au-delà, tenir les 30 FPS devient tout simplement impossible.
Nicolas Moreau: Mais il y a une atténuation importante: le cache. Si on touche dans le cache, la latence est identique, que la mémoire soit sur le CPU ou le GPU.
Claire Martin: Exactement. Sur les cartes RDNA3, les microbenchmarks montrent que jusqu'à la taille du cache L2 de 6 Mo, les latences restent comparables. Mais pour la mémoire CPU, elles grimpent à environ 2 400 cycles par accès — presque 7,3 fois plus que lorsqu'on reste sur le GPU. L'enjeu pour les développeurs de jeux est donc d'optimiser le comportement du cache. Et justement, l'article annonce que des correctifs destinés à améliorer la gestion de la VRAM pour les jeux ont été fusionnés en amont et sont programmés pour Linux 7.3. Une avancée réelle pour la stabilité des jeux gourmands en mémoire.
Claire Martin: The Register rapporte que Google a racheté pour dix millions de dollars les données du transporteur américain en faillite Spirit. Spirit, déjà fragilisé par la pandémie en 2020, n'a jamais retrouvé l'équilibre financier, s'est cloué au sol définitivement en mai dernier, puis a été placé en liquidation et vend désormais ses actifs aux enchères. Un document judiciaire déposé la semaine dernière révèle que Google a remporté une immense base de données présentée comme dépersonnalisée, comprenant par exemple cent millions d'e-mails, cinq cents millions d'éléments Microsoft Teams, plus de trente millions d'appels enregistrés du service client et treize millions et demi d'adresses e-mail actives issues d'Oracle Responsys. S'y ajoutent des données opérationnelles, comme plus de sept cent soixante-trois mille vols et un million deux cent mille bons de carburant. Google aurait indiqué avoir acheté ces données pour améliorer ses services d'IA, et a promis de les supprimer. Le second enchérisseur était Mercor, une société qui fournit des données pour entraîner des modèles d'IA. The Register rappelle que des experts doutent de la précision des grands modèles de langage et jugent parfois plus utiles des modèles plus petits entraînés sur des domaines spécifiques.
Nicolas Moreau: Et c'est Google qui a remporté le gros lot: dix millions de dollars pour une immense base de données présentée comme dépersonnalisée. Le journaliste Simon Sharwood a eu accès au document judiciaire déposé la semaine dernière.
Claire Martin: L'échelle est vertigineuse. On parle de cent millions d'e-mails, cinq cents millions d'éléments Microsoft Teams, dix-sept millions de fichiers OneDrive, plus de trente millions d'appels du service client enregistrés, et même les détails d'onze millions de ventes de Wi-Fi en vol.
Nicolas Moreau: S'ajoutent des données très opérationnelles: plus de sept cent soixante-trois mille vols, cinq millions d'appariements d'équipages, un million deux cent mille bons de carburant. Google aurait expliqué vouloir améliorer ses services d'IA. Le second enchérisseur était Mercor, spécialiste des données pour entraîner des modèles.
Claire Martin: Le document affirme que les données ont bien été dépersonnalisées avant la vente, et Google a promis de supprimer les données personnelles. Mais The Register rappelle que certains experts doutent de la précision des grands modèles de langage et jugent parfois plus utiles des modèles plus petits, entraînés sur des domaines spécifiques.
Nicolas Moreau: Une chose est sûre: cette vente marque la fin définitionnelle de Spirit, dont tout l'historique opérationnel va alimenter les modèles d'IA de Google.
Nicolas Moreau: Sur Hacker News, on suit le sauvetage spectaculaire d'un ordinateur portable Framework à processeur AMD série 7040, considéré comme irrémédiablement bloqué, ou bricked, et dont le récit est publié sur le blog de Quantum Five. Leur réparation a demandé une vingtaine d'outils, et le fil de discussion s'élargit rapidement à des questions de garantie et de mises à jour. Un commentateur, gonzalohm, s'interroge ainsi, un peu hors sujet mais pertinent,: si installer un firmware personnalisé annule la garantie d'un appareil, installer les mises à jour officielles devrait en contrepartie l'étendre. Il se dit fatigué des mises à jour bâclées ou des changements de comportement qui perturbent l'usage de son propre appareil. Le récit de Quantum Five illustre ce que des passionnés sont prêts à faire pour récupérer une machine que le fabricant aurait sans doute déclarée perdue, et pose la question du droit à la réparation face aux logiciels verrouillés.
Claire Martin: L'intrigue, c'est ce commentaire de gonzalohm qui résume un ras-le-bol très répandu: si installer un firmaware personnalisé annule la garantie d'un appareil, alors installer les mises à jour officielles devrait l'étendre. Beaucoup de gens en ont assez des mises à jour bâclées ou des changements de comportement qui perturbent l'usage qu'ils font de leur propre machine.
Nicolas Moreau: C'est ce paradoxe qui rend cette histoire de réparation si intéressante: on a ici quelqu'un qui est prêt à mobiliser vingt outils pour ramener son appareil à la vie, là où le fabricant l'aurait probablement laissé pour mort.
Claire Martin: La discussion soulève une vraie question d'équilibre des droits: qui possède au fond la machine que l'on a payée? Et qui doit supporter le coût d'une mise à jour officielle qui casse l'appareil?
Claire Martin: Le Fairphone Gen. 6 Plus est lancé et officiellement disponible aux États-Unis, avec expédition vers tous les États sauf l'Alaska et Hawaï, ainsi que des tarifs et une assistance locaux. Le nouveau modèle reprend le Fairphone Gen. 6 avec des composants internes améliorés: processeur Snapdragon 7s Gen 4, mémoire portée de 8 Go à 12 Go de RAM DDR5, la plus élevée jamais installée sur un Fairphone, et des lancements et bascules d'applications jusqu'à 24 % plus rapides. Il embarque Android 16 dès la sortie de la boîte, avec la promesse de six mises à jour du système, un support logiciel garanti jusqu'en 2033 et une garantie pouvant atteindre cinq ans. Sont conservés le design modulaire à douze pièces remplaçables par l'utilisateur, 256 Go de stockage extensible jusqu'à 2 To par microSD, et le triple capteur avec caméra principale Sony Lytia 700c de 50 MP. Mais sur Hacker News, la discussion se concentre surtout sur la compatibilité Verizon: plusieurs commentateurs signalent que l'appareil ne prend pas en charge la bande LTE 13, la fréquence de couverture principale de l'opérateur.
Nicolas Moreau: C'est une évolution du modèle Gen. 6, avec un processeur Snapdragon 7s Gen 4 et surtout douze gigaoctets de RAM DDR5, la plus élevée jamais installée sur un Fairphone. Résultat, le lancement et les bascules d'applications seraient jusqu'à vingt-quatre pour cent plus rapides.
Claire Martin: Côté logiciel, il embarque Android 16 dès la sortie de la boîte, avec six mises à jour promises et un support logiciel garanti jusqu'en 2033. La garantie peut atteindre cinq ans. Et on retrouve le design modulaire en douze pièces remplaçables par l'utilisateur, les 256 gigaoctets extensibles par microSD jusqu'à deux téraoctets, et la caméra principale de cinquante mégapixels.
Nicolas Moreau: Il y a aussi trois nouvelles couleurs, dont un Cobalt Blue exclusif, clin d'œil aux origines de Fairphone comme campagne de sensibilisation aux minéraux de conflit. Mais attention, la discussion sur Hacker News se concentre sur un point de friction majeur.
Claire Martin: Oui, la compatibilité avec le réseau Verizon. Des utilisateurs déplorent son absence, et la page des caractéristiques techniques indiquait Verizon pris en charge alors que la page de couverture des opérateurs dit le contraire. Selon la page de commande américaine, l'appareil ne prend pas en charge la bande LTE 13, qui est la fréquence de couverture principale de Verizon.
Nicolas Moreau: Donc, une promesse de longévité et de réparabilité louable, mais un point de compatibilité réseau qui risque de décevoir une partie des clients potentiels outre-Atlantique.
Claire Martin: Une étude publiée dans la revue PNAS, présentée dans The Conversation par Weilong Zhang, s'appuie sur le rationnement du sucre au Royaume-Uni après la Seconde Guerre mondiale, une expérience naturelle involontaire. Le rationnement a pris fin en septembre 1953 et la consommation de sucre a presque doublé. En s'appuyant sur des données portant sur plus de 64 000 personnes nées entre 1951 et 1956, les chercheurs ont constaté que les personnes ayant connu une plus longue période de rationnement au cours de leurs mille premiers jours ont eu une incidence plus faible de cinq cancers: sein, prostate, foie, rectum et poumon. L'effet le plus marqué concerne le cancer du foie, avec environ 69 % de risque en moins, et le plus faible le cancer du sein, avec 36 % de risque en moins. L'étude associe aussi ce rationnement précoce à un vieillissement biologique plus lent, équivalent à environ 2,2 ans, mesuré par des télomères plus longs et des niveaux plus faibles de granzyme B. À l'âge d'environ 50 ans, ces personnes consommaient encore moins de sucre et avaient des régimes plus sains. Sur Hacker News, des commentateurs ont toutefois exprimé des réserves méthodologiques, jugeant notamment la description du rationnement trop simpliste et pointant d'autres changements d'alimentation et d'environnement.
Nicolas Moreau: Le rationnement a pris fin en septembre 1953, et la consommation de sucre a presque doublé ensuite. Les chercheurs ont utilisé les données de plus de soixante-quatre mille personnes nées entre 1951 et 1956, donc avant ou pendant cette période clé.
Claire Martin: Les personnes ayant connu une plus longue période de rationnement du sucre au cours de leurs mille premiers jours — c'est-à-dire de la conception au deuxième anniversaire — ont eu une incidence plus faible de cinq cancers: le sein, la prostate, le foie, le rectum et le poumon. L'effet le plus marqué concerne le foie, avec environ soixante-neuf pour cent de risque en moins. Et ces différences ne sont apparues que des décennies après la fin du rationnement.
Nicolas Moreau: Il y a aussi un lien avec un vieillissement biologique plus lent, équivalent à environ deux ans et deux mois, mesuré par des télomères plus longs. Et à environ cinquante ans, ces personnes consommaient encore moins de sucre, mangeaient moins globalement, avec des régimes plus sains et plus diversifiés.
Claire Martin: Sur Hacker News, les réserves méthodologiques ne manquent pas. Un commentateur juge la description du rationnement trop simpliste, en rappelant tous les autres changements d'alimentation, de stress et d'environnement de l'époque. Un autre demande comment l'étude isole vraiment l'effet du sucre parmi tant de variables.
Nicolas Moreau: C'est tout l'intérêt de ces études: le lien est intriguant, mais il faut le lire comme une association, pas comme une preuve définitive de causalité.
Nicolas Moreau: Une discussion Hacker News porte sur une étude de terrain consacrée aux effets des centres de données sur la température de l'air à l'échelle d'un quartier. L'étude attribue un réchauffement local à la chaleur fatale de ces centres, en s'appuyant sur l'alignement cohérent du signal thermique avec la direction du vent dominant sur plusieurs sites et conditions météorologiques. Le commentateur jeffbee conteste pourtant cette attribution: ce signal pourrait aussi provenir de l'îlot de chaleur du parking des employés, dont le stationnement est obligatoire par la réglementation. La discussion s'élargit ensuite largement au zonage des grands centres de données: certains rel relèvent généralement des zones industrielles ou commerciales lourdes et n'ont pas besoin de permis spécial si le zonage convient, tandis que d'autres estiment que la situation de Phoenix relève surtout d'un mauvais zonage, le centre de données étant juste en face d'une zone résidentielle.
Claire Martin: Mais un commentateur conteste vivement cette attribution. Selon lui, ce signal pourrait tout aussi bien venir de l'îlot de chaleur du parking des employés — dont le stationnement est d'ailleurs obligatoire par la réglementation. C'est un contre-argument crédible: une grande surface goudronnée peut chauffer un quartier sans qu'un centre de données y soit pour quoi que ce soit.
Nicolas Moreau: La discussion bifurque ensuite vers le zonage urbain. Un participant rappelle que ces installations relèvent généralement des zones industrielles ou commerciales lourdes, et qu'elles n'ont pas besoin de permis spécial si le zonage convient. D'autres estiment que le zonage industriel réduit les espaces verts, ce qui aggrave l'effet d'îlot de chaleur.
Claire Martin: Un commentateur voit dans le cas de Phoenix surtout un mauvais zonage, le centre de données étant juste en face d'une zone résidentielle. Un autre précise que le zonage est une compétence municipale ou de comté, et que les grands projets exigent souvent des ajustements particuliers.
Nicolas Moreau: Au fond, cette discussion montre que mesurer la chaleur dégagée par les centres de données, c'est une chose — mais décider où ils ont le droit d'être, et à quelle distance des habitations, c'est un tout autre débat.
Claire Martin: En 1971, bien avant les réseaux sociaux actuels, un ingénieur du Stanford Artificial Intelligence Laboratory posait déjà les bases de ce qui allait devenir le microblogue. L'article d'Andros Fenollosa, « Finger: the 1971 social network that never died », raconte que tout commence à SAIL: la commande WHO listait illisiblement les utilisateurs connectés, et l'ingénieur Les Earnest, inspiré par les doigts courant le long de l'écran, écrivit un programme affichant noms réels, localisations et durée d'inactivité. Le protocole fut ensuite formalisé par Ken Harrenstien dans le RFC 742 en 1977, puis dans le RFC 1288 en 1991. Finger fonctionnait sans comptes, sans algorithme, sans serveur central, et son profil se réduisait à un seul fichier texte contrôlé par l'utilisateur, le.plan. Destinés à un statut professionnel statique, ces fichiers.plan et.project furent détournés en poèmes, journaux intimes et art ASCII, ce qui conduit beaucoup de monde à y voir le premier microblog. John Carmack, d'id Software, a tenu son.plan de 1996 à 2010, y annonçant notamment le 18 août 1997 la publication prochaine du code source de Doom. Vers 1982, des étudiants de Carnegie Mellon exposèrent par finger coke@cmu.edu l'état du distributeur de Coca-Cola du département, l'un des premiers objets connectés. Le client reste préinstallé sur macOS et la plupart des systèmes Unix. L'article n'exclut d'ailleurs pas un retour du protocole.
Nicolas Moreau: En effet, à l'époque, une commande appelée WHO affichait la liste des personnes connectées, mais de manière illisible. L'ingénieur Les Earnest, inspiré par le geste de passer son doigt le long de l'écran, a alors écrit un programme montrant les noms, les localisations et la durée d'inactivité de chacun. Le protocole a été formalisé en 1977, puis révisé en 1991.
Claire Martin: Ce qui est fascinant, c'est le profil. Pas de compte, pas d'algorithme, pas de serveur central: juste un fichier texte que l'utilisateur contrôle entièrement. Les fichiers.plan et.project étaient censés servir de statut professionnel, mais les gens les ont très vite détournés pour y écrire des poèmes, des journaux intimes ou de l'art ASCII. Beaucoup y voient le premier microblog.
Nicolas Moreau: Et le plus célèbre de ces profils, c'est celui de John Carmack, le créateur de Doom et de Quake. Il a tenu son.plan pendant quatorze ans, et c'est d'ailleurs là, en août 1997, qu'il a annoncé la publication prochaine du code source de Doom. Ces archives sont toujours conservées sur GitHub.
Claire Martin: Plus surprenant encore: vers 1982, des étudiants de Carnegie Mellon utilisaient Finger pour consulter l'état du distributeur de Coca-Cola du département. Un des tout premiers objets connectés, avant l'heure. Le client Finger reste d'ailleurs préinstallé sur macOS et sur la plupart des systèmes Unix, et même disponible dans Emacs.
Nicolas Moreau: Et l'article n'exclut pas un retour du protocole. La discussion relève simplement qu'il n'a guère dépassé le monde des développeurs de jeux PC. Une technologie simple, contrôlée par l'utilisateur, qui n'a jamais vraiment disparu.
Nicolas Moreau: Un projet photographique original propose de transformer le réseau ferroviaire en scanner à plat, une idée décrite dans un billet publié sur le site de Philo. Le principe: une caméra linéaire industrielle, pointée depuis un véhicule en mouvement, capture en continu une seule ligne verticale, et ces lignes sont assemblées pour former une image complète. L'auteur s'inscrit dans la lignée des dos de numérisation des années 1990, une approche encore moins chère que les grands capteurs pour les grands formats. Ses premiers essais, sur un canapé puis sur la ligne orange du MBTA, ont toutefois montré que les variations de vitesse déforment l'image. La caméra retenue est une Basler ruL2048-19gm, conçue à l'origine pour les convoyeurs rapides. Le billet présente notamment une image en niveaux de gris de 56 894 × 2 048 pixels prise sur le ferry San Francisco–Oakland en février 2026, ainsi qu'une conférence donnée à l'EMFcamp 2026. L'auteur cite parmi ses inspirations le projet Scannoramic, les expériences de John Hikerbiker et de Daniel Lawrence Lu, les plans-film de Martin Liebscher, et la construction de dos de numérisation de Gigawipf. Tim Jacobs, connu en ligne sous le nom de mitxela, a également présenté à l'EMFcamp un travail sur les caméras à fente.
Claire Martin: Le principe est élégant. La caméra, pointée depuis un véhicule en mouvement, capture en continu une seule ligne verticale. En assemblant toutes ces lignes les unes après les autres, on obtient une image complète et très large. Le billet présente par exemple une image en niveaux de gris capturée sur le ferry entre San Francisco et Oakland en février, et le projet a fait l'objet d'une conférence à l'EMFcamp.
Nicolas Moreau: L'auteur s'inscrit dans la lignée des dos de numérisation des années 1990, souvent repensés pour le grand format. Une approche nettement moins chère que l'achat de très grands capteurs. Il cite d'ailleurs plusieurs inspirations, comme le projet Scannoramic ou les expériences de John Hikerbiker et de Daniel Lawrence Lu.
Claire Martin: Bien sûr, tout ne s'est pas fait sans difficulté. Ses premiers essais, réalisés sur un canapé puis sur une ligne de métro, ont montré que les variations de vitesse déformaient l'image. La caméra retenue est finalement une Basler conçue à l'origine pour les convoyeurs rapides, ce qui en dit long sur le défi technique.
Nicolas Moreau: Et ce n'est pas un sujet isolé. Tim Jacobs, connu en ligne sous le nom de mitxela, a présenté à l'EMFcamp un travail proche sur les caméras à fente, en parcourant toutes les positions de fente d'une vidéo pour créer des animations. Dans la discussion, on s'interroge d'ailleurs sur une éventuelle parenté avec un site japonais de photos de trains de haute qualité. Une belle rencontre entre photographie, programmation et patrimoine ferroviaire.
Claire Martin: Voilà, nous arrivons au terme de cette émission. Merci de nous avoir suivis jusqu’au bout, et nous espérons que ces éclairages vous auront été utiles.
Nicolas Moreau: Nous vous donnons rendez-vous très bientôt pour de nouveaux sujets. D’ici là, prenez soin de vous et à très vite!